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364 Les Spectacles de la Foire.
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fauteurs. Enfuite paroît Pluton et Proferpine devant lefquels Arlequin joue de fa lyre et les charme, ce qui les engage à promettre à Arlequin de lui rendre fa femme pour la ramener, à la mème condition qu'ils avoient accordée autrefois à Orphée le retour d'Eurydice, qui eft qu'il ne retourneroit point la tête pour voir Columbine dont l'ombre eft derrière lui qu'il ne fût forti des enfers : ce qu'Arlequin promet. Mais, ayant manqué à fa parole et ayant regardé derrière lui, Pluton et Proferpine le renvoient fans fa femme. Lequel dernier acte eft repréfenté comme les deux autres par des figures pantomimes, par des écriteaux remplis dc vaudevilles chantés par les auditeurs et où, pour les lier, les acteurs parlent entre la plupart des vaudevilles. En-fuite, pour divertir Pluton et Proferpine, les fauteurs qui repréfentent des ombres font différentes poftures montés fur les épaules d'autres fauteurs, font des portiques, enfuite un groupe d'où fort une fontaine, enfuite un chêne. Après quoi un fauteur, vêtu en Scaramouchc, fait différens tours d'équilibre par où finit Ia pièce (1). Dont et de quoi nous avons dreffé le préfent procès-verbal.
Signé : Catherine Vondrebecq.; Menyer.
(Archiva des Comm., n° 832.)
XVII
L'an 1718, le 17- jour de mars, nous Jofeph Aubert, etc., fur le réquifi-toirc dc dame Catherine Vondrcbccq, époufe non commune en biens de meffire Pierre Chartier, confeiller au Châtelet, nous fommes, fur les fix heures du foir, tranfporté dans la loge des fleur et dame St-Edme, fous le nom dudit Alard, préau de la foire St-Germain, où étant il nous eft apparu ct avons remarqué que dans l'orcheftre il y avoit trois joueurs dc violons, un de baffe de violon et un de hautbois, lefquels jouoient différens airs pendant la danfe de corde ; laquelle étant finie, la toile qui ferme le théâtre a été levée. Le théâtre étoit orné de décorations. Le fond repréfentoit une montagne de rochers et un folcil ardent. Un Arlequin a paru avec une corde à la main et à haute voix, en parlant, a fait des lazzis comme pour s'étrangler, difant entre autres chofes que cette corde étoit une falade de Gafcon. Quelques écriteaux fur lefquels étoient des couplets dc chanfons ont paru. Enfuite un folitaire philofophe a forti de ces rochers, a empêché Arlequin de s'étrangler et à haute voix lui a demandé la raifon de fon prétendu défefpoir. ll lui a auffi répondu à haute voix que fon défefpoir étoit la perte dc Cclombine ct par de pareils écriteaux, foutenus par deux petits garçons, que l'on defeend du plafond du théâtre, s'eft expliqué plus au long. Ce folitaire et Arlequin parlent enfemble à haute voix fur ce fujet. Une fée paroît fortir de ces rochers et par de mêmes écriteaux dont les couplets de chanfons font chantés
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(1) Cette piece est intitulée Arlcauin-Orphlc le cadet; elle est de Lesage, et a trois actes.
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